Présentation du blog

 

Bonjour à tous et à toutes !

Bienvenue sur ce blog, qui nous servira de support pour la présentation de notre TPE.

Nous sommes deux élèves de Première ES au lycée Saint Joseph de Dijon qui avons pour projet de présenter la place de la femme dans la société française depuis 1945.

Afin de réaliser ce projet, nous devons mettre en corrélation deux matières que sont le français, et les sciences économiques et sociales. Nous verrons donc quel est le point de vue des auteurs dans la littérature, et celui des économistes et sociologues, ainsi qu’une étude des phénomènes sociaux concernés par ce sujet.

Pour ce faire, nous allons étudier l’évolution de l’image de la femme, sa place dans le monde du travail et dans la vie quotidienne. Au fur et à mesure des semaines, nous aborderons les différentes victoires des femmes dans leurs luttes vers l’égalité homme-femme en France.

A travers ces recherches et un regard sur l’actualité, nous pourrons ainsi dresser un bilan de la situation actuelle et des combats qui restent encore à gagner.

N’hésitez pas à nous faire part des vos idées, de vos remarques pour nous aider dans notre projet !

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L’image de la femme dans la publicité : une évolution régressive

Aujourd’hui, nous allons vous parler d’un sujet de notre quotidien, qui influence nos idées, nos valeurs, nos pensées, de façon tout à fait inconsciente : la publicité. Nous aimerions dresser un constat de l’image de la femme dans la société au travers de la publicité. Celle-là même qui nous conditionne chaque jour et véhicule de manière plus ou moins explicite, des idées qui nous poussent à intérioriser une vision dégradante ou ancienne et dépassée de la femme. Cependant, une minorité tente de renverser ces codes, et une prise de conscience se met progressivement en place. Nous allons voir comment a évolué l’image de la femme dans la publicité afin de comprendre comment les mentalités sexistes se sont ancrées dans la société et comment en est-on arriver là.

 La femme ménagère.

Commençons donc par l’étude de l’évolution de la femme dans la publicité au cours des dernières décennies. Dès 1950, âge d’or de la publicité, après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, initiant la société de consommation et provoque ainsi l’apparition d’une nouvelle forme de publicité. La femme est représentée comme une ménagère, dont le rôle est de rester à la maison pour s’occuper des enfants, de la cuisine et des différentes tâches ménagères. Les publicités mettent en scène  des femmes avec leur bébé, elles s’en occupent, prennent soin de leur bien-être… Elles représentent également les mères en train de faire la cuisine, la lessive, d’élever les enfants, évacuant les hommes de ces tâches. La femme est donc exclusivement destinée au bien-être de la vie de famille depuis la maison, et se place donc comme étant au service de l’homme, car le mari est alors considéré comme le chef de famille et le tuteur de son épouse. Cette  image de femme au foyer, et de mère est une norme sur laquelle s’appuie la publicité.

 Par exemple, dans le livre d’Annie Pastor Les pubs que vous ne verrez plus jamais on peut retrouver des publicités racistes, sexistes qui aujourd’hui serait très déplacée et qui choqueraient énormément. Dans un deuxième tome, Les pubs que vous ne verrez plus jamais 2 on ne retrouve que des pubs sexistes. Elle analyse seulement ces pubs sans les placer dans un contexte politique et militant.

Libération sexuelle.

Durant les deux décennies suivantes, la femme va s’émanciper progressivement, changeant radicalement son image dès 1970. Cette date marque la libération sexuelle et sociale, notamment avec la loi Neuwirth qui autorise la contraception. Les droits des femmes évoluent,  la femme tient alors le même rôle que l’homme. Cette émancipation est traduite dans la publicité par certaines pubs qui s’adressent uniquement aux femmes.

Image paradoxale.

Entre 1980 et 1990, la femme devient active et reconnue dans le monde du travail. Elle coordonne désormais sa vie professionnelle, sentimentale et familiale. Certaines lois sont créent pour favoriser la parité. La femme est alors libre mais paradoxalement elle commence a être  présentée  comme un objet sexuel, soumis aux désirs et aux fantasmes des hommes. L’image renvoyée est dégradante et renvoie à une conception ancienne de la femme objet et inférieure à l’homme.

 

Stéréotypes.

 Cette évolution a donc évolué de manière positive, pour régresser ensuite. Mais qu’en est-t-il aujourd’hui ? Ces publicités insistant sur de forts stéréotypes de la femme-objet sont toujours encore très présentes et deviennent même banalisées jusqu’à être considérées comme « normales ». Ces idées  dégradantes peuvent  avoir des effets néfastes sur les personnes qui la voient, pouvant être intériorisées et ainsi modifier le comportement des femmes et des hommes. Un sondage réalisé par IPSOS, et commandé par le ministère de la solidarité et le service d’information du gouvernement, estime que 55 % des femmes interrogées se trouvent en grande partie dévalorisée par les publicités, contre 37 % des hommes.

 Le livre Mon corps est un champ de bataille tome 2 illustre tout à fait cette intériorisation de cette image qu’une femme peut se faire d’elle-même. La narratrice le dit : « Mon corps ne ressemble pas à ceux que l’on voit sur les magazines. Je ne suis pas mince, je ne suis pas épilée, j’ai les cheveux vraiment pas très longs pourtant j’aime mon corps. » « Décalage. Gros décalage. Comment je me vois. Comment tu me vois. Comment je crois me voir. Comment elle tout au fond de moi se voit. » Ce livre publié en 2009 à la suite du tome 1 publié en 2004 est un véritable appel aux témoignages.

 La publicité stéréotype les envies en séparant les deux sexes. Ainsi on conditionne les pensées dès l’enfance par les jouets par exemple. Les femmes doivent également être belles, féminines, minces, la mode leur impose une façon d’être, afin de plaire et de séduire les hommes. Ces publicités reflètent notre société actuelle et ses mentalités qui n’ont pas encore complètement changer.

 Dans Femme-Pub, une analyse de l’image que renvoie la publicité de la femme est proposée par Rana Barakat Issa et Antoine Matta et met donc en scène les différentes problématiques amenées par les différentes images de la femme qu’en fait la publicité.

D’autres choisissent de militer comme l’ont fait les trois auteurs  au travers de leur ouvrage Contre les pubs sexistes Sophie Pietrucci, Chris Vientiane et Aude Vincent. Publié en 2012, il dénonce le « publisexisme » soit « la publicité  qui utilise les images de la féminité comme une matière première ».

 

Evolution.

Les publicités sexistes existent encore de nos jours. Cependant aujourd’hui, les choses commencent à bouger et des campagnes publicitaires mettant les femmes en valeur et à leur juste place voient le jour. Elles ont pour but de dénoncer le sexisme absurde véhiculé par certaines publicités de grandes marques. Des associations luttent elles-aussi contre les publicités machistes actuelles, Chienne de garde ou la Meute en sont des exemples.

 Récemment, la marque de vêtements sportswear Eden Park a lancé une nouvelle campagne de publicité intitulée « For you, guys. » qui a fait polémique et a vite été dénoncée par l’association Chienne de Garde. La publicité jugée sexiste existe en trois « versions », elle met en scène tout d’abord une femme qui étend le linge de son homme, une seconde se charge quant à elle de repasser le linge de son homme, et la dernière tend une pile de chemises parfaitement repassées et pliées à celui-ci. Une pétition à l’encontre de cette campagne a été lancée et l’association a également détournée ces publicités pour en montrer l’absurdité.

Résultat de recherche d'images pour "publicité sexiste eden park"Campagne publicitaire Eden Park jugée sexiste dénoncée par l’association Chienne de Garde.

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Publicité détournée par l’association Chienne de Garde.

Des publicitaires s ‘engagent également dans ce combat. Par exemple, la marque Éram a présenté une campagne de publicité en 2003 destinée à casser ces stéréotypes et l’image qui est imposée aux femmes par le diktat de la mode. Elle met en scène un homme qui est présenté comme les femmes sont souvent présentées dans une publicité de chaussures. Cette publicité met également en scène une autruche ou encore une chaise. Toutes ont le slogan commun: « Aucun corps de femme n’a été exploité dans cette publicité ». Cette campagne dénonce ainsi avec une note d’humour les publicités sexistes.

 Dans la publicité, les changements sont longs et se font par le combat d’associations ou de marques qui décident de s’engager. Les publicités qui dégradent l’image de la femme existent encore mais de plus en plus la conscience collective s’affirme contre ce phénomène qui n’est plus accepté comme avant et qui diminue progressivement.

Nos sources :                                                                                    http://publicite2013.skyrock.com/3139572338-1950-1960-La-femme-a-la-maison.html http://femme-publicite.e-monsite.com/pages/intro.html

http://www.actusmediasandco.com/eram-revient-en-grande-pompe-avec-sa-nouvelle-campagne-publicitaire/

La place de la femme à travers la mode & son rapport au corps

L’année 1945 signe la fin de la Seconde Guerre Mondiale et avec elle, l’évolution de la place de la femme dans la société française ressentie au travers des vêtements, de la mode etc… Les femmes ayant participé à l’effort de guerre, elles acquièrent de plus en plus de responsabilités. Par ailleurs, l’heure est à la révolution industrielle et hommes, femmes et enfants sont mobilisés. Les vêtements doivent être pratiques et non contraignant.  On compte alors parmi les grands couturiers, Christian Dior, celui-ci ayant bien compris qu’il fallait adapter ses collections en fonction de cette évolution et témoigne donc de la grande évolution de la mode de 1945 à nos jours. Nous allons dons nous intéresser à ce phénomène illustré entre autre par le diktat de l’apparence, le rapport au corps de la femme, l’idéologie morphologique, etc…

 

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale

En raison de la Seconde Guerre Mondiale, les femmes se vêtissent sobrement et désirent porter des vêtements pratiques pour le travail qui comprend des tâches jusqu’ici réservées aux hommes. Le tailleur est à son apogée et parfois, les femmes portent même des vêtements d’hommes qui sont retaillés pour elles. Les jupes s’arrêtent alors aux genoux.

tailleur

    Toutefois, après avoir reproduit la mode masculine, les femmes cherchent à être plus féminines ce qui amènera les grands couturiers et stylistes comme Christian Dior à changer d’approche et à évoluer dans leur façon d’habiller les femmes. Pourtant, dans les esprits à cette époque, la société renvoie plus une image de la femme ménagère au foyer que celle d’une femme qui s’émancipe.

Mai 68, le port de la minijupe et du pantalon

Mai 1968 est une date qui a marqué les esprits comme étant un mouvement libérateur en France. Ce fut un véritable tournant pour les femmes. Elles vivent une véritable révolution sexuelle avec l’obtention du droit à la contraception et à l’avortement dans les années suivantes et change la vision de la mode et du rapport au corps. Les jupes, qui à la fin de la guerre était limitées à ne pas aller au-dessus du genou, se raccourcissent et deviennent le symbole d’une nouvelle ère : celle dans laquelle les femmes peuvent s’habiller tel qu’elles le souhaitent sans avoir à craindre de représailles comme des amendes. Elles n’ont plus non plus à obtenir une autorisation de la police comme cela était le cas pour porter des pantalons au début du siècle. La minijupe est devenue une véritable révolution aux yeux de la société et un symbole de liberté pour les femmes.

mini

Il s’agit d’ailleurs le message que font passer Bianca Lang, Tina Schraml et Lena Elster dans leur livre La minijupe – La révolution, les créateurs, les icônes. Elles regroupent dans leur ouvrage photos, anecdotes et citations des plus grands créateurs et des icônes de la mode pour en faire une œuvre explicative de l’impact de la minijupe sur la société et les femmes ainsi que le contexte qui a amené au raccourcissement progressif des jupes, provoquant cette évolution.

Mais la minijupe n’est pas le seul vêtement à se montrer sur les jambes des femmes : le pantalon est également de plus en plus porté. Pourtant, ce dernier était illégal jusqu’en 2013 car la loi n’avait jamais été modifiée jusqu’à cette date, bien que le pantalon soit déjà entré dans les mœurs et par conséquent, non sanctionné. Le pantalon était un moyen de montrer que les femmes étaient comme les hommes, c’est-à-dire tout aussi capables des choses qu’ils accomplissaient et étaient donc leur égal.

pantalon

L’ouvrage L’Histoire du Costume de Francois Boucher, Yvonne Deslandres, Sydney Hervé Aufrère et Pascale Ballesteros retrace et analyse l’évolution des habitudes vestimentaires par période. Il est abondement illustré et fournit une explication très complète de tous ces vêtements qui ont traversés les époques et la raison pour laquelle ils avaient justement un lien avec le contexte social de l’époque étudiée. La période à laquelle nous nous intéressons (à savoir de 1945 à nos jours) est développée entre les pages 423 et 432 de cette oeuvre et fournit donc une analyse de ce changement de mode avec illustrations à l’appui.

 

Evolution du bikini

   L’évolution du bikini est l’exemple parfait de l’émancipation de la femme. Dans les années 50, les bikinis étaient des 1 pièces mais ils laissaient déjà apparaître les jambes et étaient relativement moulants, ce qui était déjà une grande évolution sachant que 50 ans auparavant, les femmes se baignaient quasiment habillées. Puis dans les années 60-70, les maillots de bain 2 pièces font leur apparition. Nous sommes alors en plein dans la période de la libération sexuelle de la femme, qui veut porter des vêtements qui lui plait et qui lui ressemble.  Les bikinis deviennent de plus en plus échancrés et laissent progressivement apparaître d’avantage de surface. On en trouve maintenant dans toutes les formes et les couleurs possibles et imaginables !

bikini

A travers ces exemples, on peut donc constater que la façon de se vêtir des femmes a évolué au cours du temps et en fonction de la place qu’elle a occupé dans la société. La libération sexuelle des femmes, leur accordant une place égale à celle des hommes, s’est faite ressentir dans l’habillement avec des vêtements plus courts et plus féminins. La mode s’est progressivement adaptée aux femmes, à leurs besoins, et à leurs volontés. Mais la société a aussi influencé l’image de la femme dans la société au cours du temps, en faisant d’elle un être sexué objet des désirs masculins.

Le diktat de la mode et son industrie

La société influence donc beaucoup notre inconscient, et les femmes se voient imposer un corps idéal. Partout dans les magazines, à la télévision, dans les publicités, au cinéma, sur les réseaux sociaux, les femmes se retrouvent confrontées à cet idéal de la femme mince et élancée, taille 36 ou celle de la femme pulpeuse avec des formes généreuses mais la taille fine.  Les femmes culpabilisent de ne pas avoir ce corps qu’on leur présente comme un idéal de beauté. Certaines ont recours à la chirurgie esthétique pour y ressembler. La jeunesse est également très mise en avant, d’où  la multiplication des soins proposés et des opérations pour lutter contre les signes de l’âge tels que les rides. De toutes parts, à tout âge, un idéal féminin est imposé aux femmes.

pulp

Belle Belle Belle est une œuvre littéraire qui illustre bien ce principe. Dans cette fiction, Claude Sarraute met en scène plusieurs personnages féminins qui sont influencés par le diktat de la société sur le corps de la femme. Ici, nous nous retrouvons confrontés à des femmes usant de chirurgie esthétique pour être plus pulpeuse ou encore pour lutter contre le temps qui passe et les rides qui apparaissent. Un des personnages est une jeune fille de 15 ans, Axelle, qui souhaite déjà se refaire faire la poitrine ! Ce qui prouve que dès le plus jeune âge, sous le prétexte de vouloir devenir une « vraie » femme, certaines sont prêtes à aller loin… Mais jusqu’où ?

Mon corps est un champ de bataille, tome 1, appuie également bien cette idée puisqu’il s’agit d’une analyse et d’un constat de l’influence de la société sur l’inconscient des femmes et de ce qu’elle fait de l’image du corps de la femme. Elle les pousse à vouloir atteindre un idéal et dans les cas les plus extrêmes, en amène certaines à des troubles de l’alimentation comme l’anorexie, la boulimie etc… Ce livre fait donc un constat de toutes les répercussions qu’une mauvaise image de soi-même entraîne.

Beauté Fatale de Mona Chollet, la journaliste du Monde Diplomatique, décortique ce qui fait le culte de la beauté et la tyrannie du look à l’égard des femmes et de notre époque. Elle apporte même une nuance qui est le fait de se sentir obligé de porter la jupe comme signe de libération, comme une nécessité car il s’agit du rôle qu’on lui a attribué dans les années 70. Elle traite également du fait qu’une haine de soi s’est développée chez beaucoup et considère que la femme n’est condamnée à vivre qu’au travers de son pouvoir de séduction.

 Situation actuelle
Nous pouvons donc constater une grande évolution tant au niveau des vêtements que du rapport au corps de la femme et son image dans la société. Chacune des évolutions entraîne de nouveaux problèmes notamment au niveau des mentalités. Aujourd’hui pour certaines personnes, la femme incite au harcèlement voire au viol dans le pire des cas lorsqu’elle met une jupe courte ou qu’elle a un grand décolleté.

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En ce moment d’ailleurs, le harcèlement de rue et les agressions à l’encontre des femmes sont des sujets très présents dans l’actualité : beaucoup d’associations luttent contre ces phénomènes comme Stop Harcèlement de Rue ou encore Chiennes de Garde, une association féministe et de nombreux hashtags ont été créés comme par exemple le hashtag « #Balance ton porc » avec lequel les femmes peuvent dénoncer toutes sortes d’agressions subies un jour dans leur vie. La majorité des personnes sont d’accord pour condamner ces comportements et dire qu’il s’agit d’agressions et que, par conséquent, elles méritent d’être sanctionnées. Mais un contre mouvement à vu le jour au travers d’une pétition signée  par Catherine Deneuve notamment et d’autres femmes contestant ces mouvements de lutte car selon elles il faut laisser aux hommes le désirant, accoster des femmes dans la rue au nom de la liberté sexuelle invoquant le fait qu’il puisse s’agir de drague et de galanterie. Cette pétition a provoqué un scandale et créé un grand débat.

Valérie Colin Simard dresse justement un bilan de la situation actuelle, des dizaines d’années après Mai 68 dans son ouvrage Quand les femmes s’éveilleront… : Oser le féminin.  Elle incite dans ce livre à ne pas perdre sa féminité, chose qui maintient l’équilibre de la société et ne pas simplement vouloir être une réplique des hommes.

Sources :

http://tpecanonsdebeaute.skyrock.com/3142285172-1960-1970-Un-vent-de-liberte-pour-les-femmes.html

http://mai68.e-monsite.com/pages/mai-68-un-tournant-pour-les-femmes.html

Le monde du travail : un milieu qui n’est pas épargné par les inégalités hommes-femmes

 

Les combats concernant l’égalité entre hommes et femmes sont nombreux. Nous nous intéresserons aujourd’hui à l’un d’entre eux : le monde du travail​. La femme, aujourd’hui, n’est pas vue et considérée dans le monde du travail comme l’égale de l’homme. Malgré des évolutions qui vont dans le bon sens, dans les mentalités ou même sur le plan des postes occupés par les femmes, des inégalités persistent.

Écart Salarial.

Tout d’abord, ​l’écart salarial entre femmes et hommes est un phénomène bien connu de tous mais toujours profondément ancré dans la société. Selon l’Insee, en 1995, sur une année, les femmes gagnaient en moyenne ​27% ​de moins que les hommes. En 2014, ce chiffre a diminué, s’élevant encore tout de même à ​18.6%​. D’après l’Insee, cette inégalité « s’explique pour partie des différences de caractéristiques individuelles et de l’emploi occupé mais reste pour partie non expliquée ».

Le livre​ Un quart en moins de Rachel Silvera – économiste et sociologue – date de 2014, alors que les femmes gagnaient 24%, soit presque un quart de moins que les hommes. L’auteur remonte alors le temps dans cet ouvrage pour comprendre d’où viennent ces inégalités salariales. Elle y explique que l’image de la femme -comme nous avons pu l’aborder précédemment- y a joué un grand rôle. Elle donne dans cet ouvrage, la parole à des femmes qui se sont battues et ont obtenu gain de cause à ce sujet. Le fait d’avoir des enfants, recours au temps partiel, ou simplement d’être une femme les ont conduites à n’avoir aucune augmentation de salaire, ou très peu, au cours de leur carrière. Les juges ont reconnu qu’elles étaient victimes de discrimination et devaient obtenir réparation à travers un rappel de salaire et une requalification. Cet ouvrage témoigne des inégalités et plaide pour une reconnaissance des femmes et une avancée vers l’égalité salariale.

Brigitte Laloupe a écrit Pourquoi les femmes gagnent-elles moins que les hommes ? en 2011. Dans ce livre elle explique la façon dont les hommes et les femmes sont conditionnés par la société ​à maintenir par leurs comportements les inégalités entre les deux sexes. ​Professionnellement, elle décrypte comment les femmes se heurtent au célèbre « plafond de verre », un obstacle invisible qui les empêche de prétendre à une rémunération identique à celle de leurs collègues masculins ou d’accéder aux postes les plus prestigieux. Elle analyse les stéréotypes véhiculés par tous de manière inconsciente et montrent comment les caractéristiques de la dominance reste dans la mentalité collective attribuée à l’homme. Elle tente alors de donner les solutions à mettre en œuvre pour en finir avec ces idées reçues.

Postes.

La différence qui touche les femmes et les hommes au niveau de leur salaire n’est pas la seule qui existe. Les ​postes occupés par les femmes ne sont pas les mêmes que ceux occupés par les hommes. Dans notre société, les ​stéréotypes au sujet des postes qu’occupent les femmes sont souvent ancrés dans les esprits Pour certains, les femmes doivent occuper​ certaines fonctions qui leur sont​ réservées​ telles que le métier d’aide-soignante, de femmes de ménage, mais aussi d’infirmière, de secrétaire, d’enseignante…

En revanche, les femmes peuvent être considérées comme​ incapables d’exercer d’autres métiers tels que ouvrier du bâtiment, militaire… ​Les postes à haute responsabilité ​ont aussi été très longtemps réservés aux hommes​, les femmes en étant écartées. Selon les employeurs, il y aurait des « qualifications naturelles » en fonction des sexes qui expliqueraient pourquoi les deux sexes ne peuvent pas occuper les mêmes postes. Mais de plus en plus aujourd’hui, les femmes occupent des postes haut-placés, elles représentent désormais ​49% des cadres​.

Cet écart entre les postes ne trouve pas de réelle explication, d’autant plus que les filles sont meilleures à l’école que les garçons. ​31.3% des femmes entre 25 et 34 ans ont un diplôme supérieur à bac + 3 contre 26.4% des hommes. Malgré cela, ​les écarts de salaire​ sont présents ​dès l’obtention du diplôme

En effet Simone de Beauvoir, féministe engagée a écrit Le Deuxième Sexe en 1949​, elle justifie ses positions féministes par des​ thèses philosophiques et historiques. Simone De Beauvoir défend la thèse suivante : l’inégalité entres hommes et femmes est construite de manière historique et idéologique. Selon elle, les femmes doivent reprendre possession de leur destin,​ non en tant que femme​, mais en tant qu’homme comme les autres. Ainsi, elle dit dans le tome 2 de son œuvre : ​“​C’est un criminel paradoxe que de refuser à la femme toute activité publique, de lui fermer les carrières masculines, de proclamer en tous domaines son incapacité, et de lui confier l’entreprise la plus délicate, la plus grave aussi qui soit : la formation d’un être humain.​”

Cette question est posée dans le livre ​Les métiers ont-ils un sexe ? ​de​ Françoise Vouillot​publié en 2014. En France, seuls 12 % des métiers sont mixtes. Aux hommes, la production et l’ingénierie, aux femmes, l’éducation, la santé, le social. L’objet de ce livre est de démonter les ressorts de la ​division sexuée du travail, porteuse d’inégalités, et de révéler tout l’intérêt pour la société d’une réelle mixité des métiers.

Discriminations à l’embauche.

Les femmes sont également victimes de ​discriminations à l’embauche​. En effet, si comme nous l’avons vu précédemment certains postes sont majoritairement accordés aux hommes qu’aux femmes, celles-ci sont également moins favorisées à l’embauche pour d’autres raisons. On ne veut pas forcément employer des femmes de peur qu’elles ne prennent des congés maternité ou posent problème à l’entreprise du fait de leurs ​responsabilités familiales​.

C’est pourquoi l’État tente désormais de « démocratiser » le ​congé paternité instauré en 2002 afin que les pères puissent eux aussi s’occuper de leur nouveau-né et prendre leur part dans les responsabilité familiales, un pas en avant​ qui doit être suivi dans les faits et les mentalités encourageant l’égalité entre femmes et hommes au sein du foyer.

 Mentalités.

Malgré des évolutions dans la société ​depuis 1945​, la place des femmes dans ​les mentalités n’a pas assez évolué : la représentation de la femme au foyer qui s’occupe des enfants sous​ l’autorité du mari qui lui refuse toute autre activité publique et proclame son incapacité ​dans ​les domaines ​dits « masculins », est encore présente aujourd’hui. Aujourd’hui, le modèle de la ​ »femme au foyer » ​est encore ​soutenu​ par environ une personne sur cinq et plus exactement ​22%.

Dans les mentalités, on n’accepte pas encore la femme comme l’entier égal de l’homme. Des prises de conscience ​commencent à avoir lieu, et cette vision de la femme perd peu à peu du terrain. Les avancées sont longues mais elles s’initient désormais.

Anne Lauvergeon est une dirigeante d’entreprise française et a écrit le livre La femme qui résiste en 2012. ​Dans son œuvre , Anne Lauvergeon raconte l’aventure de la création d’Areva, une des grandes entreprises industrielles françaises, et de son développement. Il s’agit en réalité de l’histoire d’une femme dans un monde d’hommes. L’histoire d’une femme courageuse qui n’a pas eu peur de s’imposer et qui casse à travers le témoignage de son parcours tous les stéréotypes. Elle apporte ainsi une belle leçon à ceux qui pensent encore que la place de la femme est au foyer.

Roses à crédit est un roman écrit par ​Elsa Triolet ​en 1959. Il raconte l’histoire de​ Martine Donelle. Elle est issue d’une famille très modeste, une mère peu présente, une vie dans la misère. Elle aspire à ​sortir de sa condition, et part vivre chez une amie d’école dont la mère coiffeuse Mme Donzert, la prend comme apprentie dans son salon. Elles déménagent ensuite à Paris avec un désir de beauté et de luxe. Martine retrouve celui qu’elle aime depuis longtemps Daniel, ils se marient mais les deux amoureux ont une vision différente de leur avenir. Martine souhaite poursuivre son travail et acheter un petit appartement meublé à Paris tandis que Daniel souhaite emménager dans la ferme familiale pour y poursuivre son travail sur les roses, il souhaite créer une nouvelle rose au parfum ancien mais à la forme et la couleur moderne. Daniel part vivre chez son père tandis que Martine accumule les crédits pour améliorer son confort. Elle connaît alors une situation financière et familiale difficile. Daniel après un voyage aux États-Unis demande le divorce ; la mère de Martine meurt, celle-ci se rend alors dans sa commune natale pour régler la succession. Elle y meurt à son tour dévorée par les rats. Le roman se clôt sur cette dernière phrase : « C’est en 1958 qu’est apparue sur le marché la rose parfumée ​Martine Donelle : elle a le parfum inégalable de la rose ancienne, la forme et la couleur d’une rose moderne. Avec les félicitations du jury. »

Dans ce roman, Elsa Triolet montre comment le ​développement du crédit et de la ​société de consommation ont eu des aspects positifs permettant ainsi​ l’émancipation de la femme, mais elle en montre aussi les travers avec l’engrenage fou dans lequel Martine se plonge et la misère qu’elle connaît à cause de ses difficultés pour rembourser ses​ dettes​. On voit à travers cette histoire, que l’après-guerre a été une période de changement pour les femmes qui peuvent alors comme Martine évoluer, travailler et s’assumer sans leur mari à leur côtés. La femme devient ​indépendante​ et gère ses affaires comme elle l’entend, travaille pour vivre sa vie, et ​suivre sa propre voie.

Retraites.

Les inégalités qui touchent les femmes sont présentes jusqu’à la retraite. Les discriminations envers les femmes dues à leur sexe depuis leur entrée dans la vie active, se poursuivent donc jusqu’à son issue. Les droits à la retraite des femmes sont en moyenne ​inférieurs à ceux des hommes de​ 42%​. L’Insee constate que certains droits conjugaux et familiaux permettent de réduire ces inégalités qui restent tout de même de ​26%​.

« A travail égal, salaire égal » : un beau principe à atteindre.

D’après tous ces exemples​ d’inégalités dans le monde du travail​, on peut constater que le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes est encore loin d’être terminé et accepté par tous. Les mentalités changent petit à petit mais certaines restent encore très présentes. Ce combat est en constante progression depuis 1945, en marche vers une égalité certaine, même si de nombreux progrès restent à accomplir.

« A travail égal, salaire égal »​, cette revendication pourtant inscrite dans la loi est encore loin de devenir une réalité, et elle n’est pas la seule​ inégalité qui reste encore à combattre. Toutes les inégalités qui existent aujourd’hui sont dues à une vision faussée et stéréotypée de la réalité. Heureusement une prise de conscience générale​ permet de relancer les débats pour​ faire avancer les mentalités.

Nos sources :

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/03/07/les-inegalites-hommes-femmes-en-12-chiffreset-6-graphiques_5090765_4355770.html

https://www.babelio.com/liste/2301/Les-femmes-dans-le-monde-du-travail

Les stéréotypes genrés : sources de différences au sein de la société

Tous les jours dans notre quotidien, et le plus souvent de manière inconsciente​, nous sommes confrontés à tout un tas de​ stéréotypes qui placent les femmes ou les hommes dans certaines cases. Il ne faut alors pas confondre les stéréotypes qui touchent aussi bien les hommes que les femmes et qui sont des représentations que l’on se fait de quelque chose et les inégalités qui peuvent parfois être conduites par les stéréotypes.

Socialisation différenciée.

Tout d’abord, les stéréotypes sont ​intériorisés par ​les enfants dès leur plus jeune âge car ils sont transmis comme des façons de faire de la société qui doivent être suivies : c’est le phénomène que l’on appelle ​la socialisation. La socialisation est un processus par lequel ​la société agit afin de conditionner ses individus et que ceux-ci intériorisent des manières de penser ou d’agir (c’est ainsi que sont inculquées les normes et les valeurs). Elle est transmise par des ​agents de socialisation​ : les parents, l’école, les médias, le groupe de pairs (personnes partageant une caractéristique commune)…

Dans le cas de la socialisation différenciée​, ici​ selon le sexe, le processus de socialisation conduit à ce que différentes catégories d’individus adoptent des normes et des valeurs différentes. Les petits garçons et les petites filles reçoivent donc une éducation conforme à ce que la société attend d’eux. C’est ainsi que les stéréotypes restent profondément ancrés, sans même que l’on ne s’en rende compte. Pierre Bourdieu, célèbre sociologue, mène une réflexion dans son oeuvre​ La Domination Masculine et étudie ​les rapports sociaux entre les femmes et les hommes. Il explique ainsi que tout dans l’inconscient ​collectif prédispose à ​la domination masculine. Nous allons donc voir comment se manifeste ce phénomène.

Rose pour les filles, bleu pour les garçons.

Cette distinction des sexes selon la couleur est bien connue de tous, et pourtant cela apparaît comme un stéréotype qui malgré des évolutions reste encore très présent dans notre société. A l’enfance, on associe le rose aux petites filles, et le bleu aux petits garçons. Et cette distinction de couleur se retrouve dans de nombreux domaines : l’habillement, la décoration de la chambre de l’enfant, les jouets… Pourtant à l’origine, c’était l’inverse ! Autrefois le rose était associé aux garçons, couleur considérée comme virile, tandis que le bleu était associé aux filles, couleur divine de la vierge Marie dans la tradition chrétienne. Puis petit à petit, le bleu est devenu une couleur masculine tandis que le rose s’est féminisé.

Et le fait est que même les grandes enseignes ne nous laisse plus le choix. Les rayons de l’habillement pour les petites filles sont remplis de vêtements roses, à paillettes, avec des princesses… Tandis que ceux des garçons sont bleus parfois avec des super-héros. Ces images de couleur associées à un sexe sont donc véhiculées par la société et transmises aux enfants comme une norme de la société.

On peut d’ailleurs le constater dans l’album pour enfants, Overdose de rose​, de Fanny Joly et Marianne Barcilon publié en 2017. Il raconte l’histoire de Madame Machin-Chose qui après avoir eu six garçons, a une petite fille, qu’elle appelle Rose. Elle va grandir ​sous cloche, sous une avalanche de rose,   surprotégée par ses parents. Elle doit  être douce, calme, obéissante, gentille, mignonne, ravissante, bien coiffée…  Mais la petite fille au caractère bien trempé ne tarde pas à se révolter. Ce livre montre l’éducation genrée et la prédominance du rose pour les filles, mais aussi la volonté de les surprotéger, l’importance qu’on porte à leur apparence, un comportement différent de celui que l’on adopte avec les garçons… Cet album met en évidence la socialisation différenciée selon le sexe tout en adoptant un angle anti-sexiste.

Les jouets genrés.

Aujourd’hui le marketing attribue explicitement également certains jouets pour les filles et d’autres pour les garçons.En effet, les magasins de jouets, que ce soit dans les catalogues ou bien dans les rayons, distinguent les filles et les garçons en réservant des jouets différents pour chacun d’eux. Selon une étude de l’IET – l’Institution of Engineering and Technology – menée en décembre dernier , 89% des jouets dits « de fille » sont de couleur rose. Ce phénomène récent est apparu dans les années 1990. Avant cela, les jouets étaient d’avantage unisexes et on se préoccupait plus de l’égalité des sexes selon Mona Zegaï, auteur d’une thèse sur la socialisation sexuée des enfants par le biais des jouets. Cela se voit nettement en comparant ce catalogue de jouets des années 1980 et ceux d’aujourd’hui.

Et si les marques font cela , c’est pour une question financière, les jouets ne se transmettent plus d’un garçon à sa sœur car ils n’ont plus les mêmes catégories de jouets qui leur sont attribués et les parents doivent donc racheter des jouets neufs. Comme le montre les anciennes publicités de la marque LEGO dont les jouets étaient unisexes auparavant, tandis que certaines gammes sont aujourd’hui dédiées aux filles.

Le problème avec les jouets genrés, est qu’ils maintiennent les stéréotypes entre femmes et hommes. Par exemple, les jouets destinés aux filles suggèrent qu’on attend d’elles qu’elles soignent la sphère domestique (jeux d’imitation, de ménage, de dînette, poupées), et leur apparence physique (jeux de maquillage, coiffure, bijoux…) tandis que les jouets destinés aux garçons sont plutôt centrés sur l’aventure, la construction et l’exploration, ainsi que des jouets pour sauver le monde (super-héros, policiers, pompiers)… La répartition n’est donc pas forcément équitable et conduit les enfants à penser qu’ils doivent aimer tel ou telle chose en fonction de leur sexe. Certains parents sont favorables à ce que leur enfants n’est que des jouets qui lui soit destinés par son sexe. Cependant la majorité tente désormais d’interpeller ces représentations stéréotypées dans tous les domaines.

L’un des grands classiques intergénérationnels de la littérature jeunesse que la grande majorité des enfants connaissent en est une illustration, il s’agit en effet de Blanche Neige et les sept nains. Ce conte homonyme écrit par les frères Grimm en 1812 en allemand à ensuite été traduit et adapté des décennies plus tard en dessin animé et en film. Cette œuvre est donc ancienne mais a une place importante dans notre société moderne et est connue par tous les enfants aujourd’hui. Il raconte l’histoire de Blanche Neige, une princesse d’une très grande beauté, ce qui rend jalouse sa belle mère. Celle-ci veut la tuer et demande donc au garde de s’en charger. Mais celui-ci ne parvient pas à le faire et abandonne la jeune fille dans la forêt lui laissant la vie sauve. Blanche Neige erre seule dans la forêt et arrive dans la maison des sept nains, qui décident de lui offrir le logis ; en échange elle tient la maison propre et fait la cuisine pendant que les nains travaillent. La belle mère finit par l’empoisonner avec une pomme mais un prince passant dans la forêt la délivre par chance de ce sortilège. Ils vécurent heureux ensemble.

Cet ouvrage dédié aux enfants, véhicule les stéréotypes de notre société. La femme, incarnée par Blanche Neige s’occupe de la maison et de la cuisine, elle dédie son temps aux tâches domestiques, tandis que les hommes de la maison, les nains, travaillent dans les mines, donc dans un domaine dit « masculin et viril ». Et Blanche Neige est un  être fragile qui est empoisonnée et qui a besoin du prince pour la sauver.

Désormais les parents rejettent de plus en plus ces stéréotypes. Pour la décoration de la chambre, ils optent plutôt pour des couleurs mixtes telles que le orange, le vert ou le taupe. Il en va de même pour les vêtements où les parents choisissent là encore des tons qui peuvent convenir aussi bien aux filles qu’aux garçons. Enfin du côté des jouets, certaines enseignes réagissent face à ce phénomène afin de ne plus associer un jouet à un genre. Ainsi les supermarchés Super U ont choisi de mettre en scène dans leurs catalogues des filles avec des camions ou des garçons avec des poupons afin de déconstruire ces stéréotypes comme le montre l’image ci-dessous.

catalogue jouets

Le sport rime-t-il aussi avec stéréotypes ?

Les stéréotypes transmis aux enfants ne concernent pas uniquement les couleurs, les jouets et l’habillement, le sport est aussi sujet à véhiculer certaines idées reçues. On entend souvent dire que les filles ont des caractéristiques innées qui les conduisent vers certains sports dits féminins et inversement pour les garçons.

Dans les mentalités, filles et garçons ne pratiquent pas les mêmes sports et un enfant allant à l’encontre de cela suscite des doutes et est « mal vu ». En effet, les garçons sont incités à développer des qualités de force, de rapidité et de résistance à l’effort, en pratiquant des sports comme les sports de combats (boxe, catch), le football... Et les filles à être adroites, gracieuses et agiles en pratiquant des sports tels que la danse, la gymnastique…

Ces stéréotypes les conduisent à intérioriser qu’ils doivent adopter tel ou tel comportement. Les garçons doivent ainsi être virils, forts, résistants tandis que les filles doivent être douces, gracieuses… Et cela conduit ainsi à marginaliser certains enfants qui ne se sentent pas adaptés aux qualités qu’on attend d’eux selon leur sexe, et forme aussi des différences entre les femmes et les hommes à l’âge adulte.

Une collection d’albums pour enfants intitulée​ Emma & Lucas présente deux enfants, une fille et un garçon qui font du sport. Mais pendant qu’Emma pratique la danse, Lucas joue au football ou au rugby. Ces livres ont pour but d’initier les enfants à une activité sportive en orientant les filles vers les domaines artistiques tandis que les garçons sont orientés vers les sport dits« virils ». On a un exemple de socialisation différenciée par le sport qui fait assimiler aux enfants des stéréotypes auxquels ils doivent se plier, et ces livres ne sont pas un cas isolé…

Certains auteurs tentent au contraire de lutter contre les stéréotypes dans leurs ouvrages,c’est le cas de Christine Sagnier et Émilie Beaumont qui ont écrit un album :Le foot, c’est aussi pour les filles ! Qui montre qu’il n’y a pas que les garçons qui jouent au football, les filles aussi savent jouer au foot,comme Capucine qui en est un bon exemple. En revanche Lola a plus de mal, mais elle est prête à tout pour marquer un but !

Des stéréotypes transmis aux enfants qui se manifestent dans la vie d’adulte.

Lorsque l’on se demande d’où viennent les différences entre femmes et hommes dans la vie quotidienne, on peut penser que tous les stéréotypes, évoqués auparavant, sont transmis aux enfants et ont des conséquences sur leur manières de penser ou d’agir. C’est ainsi que les stéréotypes restent ancrés à l’âge adulte et se manifestent parfois sous forme d’inégalités.

En effet les tâches domestiques en sont un exemple qui illustre ce fait. Si ces dernières années il est vrai que les hommes consacrent plus de temps à celles-ci, les femmes passent encore deux fois et demi plus de temps que les hommes à s’en occuper. En effet selon une enquête menée par le Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) en 2015, les femmes consacrent en moyenne 117 minutes par jour pour les tâches domestiques contre 46 minutes pour les hommes. 91% des hommes disent ne pas repasser au sein de leur foyer, 60% ne font pas le ménage, 50% ne cuisinent pas, et 48% ne font pas la vaisselle.

En revanche, en ce qui concerne les femmes 73% des femmes en couple repassent, 93% font le ménage, 93% font la cuisine, et 83% font la vaisselle. On voit donc clairement que les femmes s’occupent beaucoup plus tes tâches ménagères que les hommes, les femmes sont assimilées à celles-ci. Tout comme les jouets tournés vers l’entretien de la sphère domestiques sont destinés aux petites filles en grande majorité. On retrouve des répercussions dans le temps libre des femmes par rapport à celui des hommes. Les femmes consacrent en moyenne 2h45 par jour à leurs loisirs contre 3h20 pour les hommes.

Un type de tâche est en revanche plutôt réservé aux hommes : le bricolage et jardinage. Le temps consacré chaque jour par les hommes pour le jardinage est de 11 minutes contre 7 minutes pour les femmes. Dans le cas du bricolage, les hommes lui consacrent en moyenne 2 minutes par jour, tandis que les femmes ne s’en occupent pas du tout. On associe le bricolage et le jardinage à des activités d’hommes et les jouets dits masculins se tournent d’ailleurs vers cette représentation.

Ces écarts se réduisent progressivement, les femmes consacrent moins de temps qu’avant pour les tâches domestiques et les hommes eux, en consacrent de plus en plus, mais cette évolution est très lente et peut prendre des décennies pour parvenir à un équilibre parfait du partage des tâches entre femmes et hommes au sein du foyer.

Enfin, d’après cette étude, les femmes renoncent trois fois plus à leurs ambitions professionnelles que les hommes, elles sont 18% à le faire contre 6% des hommes.

Les femmes et les hommes n’occupent pas les mêmes postes, nous avons pu le constater dans notre article précédent traitant de la place de la femme dans le monde du travail. Les jouets poussent en effet les femmes et les hommes à pratiquer des activités différentes, et à avoir des goûts différents.  En effet, l’étude de l’IET constate que « les jeux axés sur la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques sont trois fois plus susceptibles d’être mis en marché de manière à cibler les garçons ». Et l’institut déplore cette constatation qui établit selon lui un lien direct avec la faible proportion de femmes dans ces domaines professionnels. Les représentation que l’on a des individus dans le sport selon leur sexe les conditionne également à développer certaines aptitudes plutôt que d’autres.

En effet Simone de Beauvoir, féministe engagée a écrit ​Le Deuxième Sexe en 1949​, elle justifie ses positions féministes par des ​thèses philosophiques et historiques. Simone De Beauvoir défend la thèse suivante : l’inégalité entres hommes et femmes est construite de manière historique et idéologique. Selon elle, les femmes doivent reprendre possession de leur destin,​ non en tant que femme​, mais en tant qu’homme comme les autres. Ainsi,elle dit dans le tome 2 de son oeuvre : ​“​C’est un criminel paradoxe que de refuser à la femme toute activité publique, de lui fermer les carrières masculines, de proclamer en tous domaines son incapacité, et de lui confier l’entreprise la plus délicate, la plus grave aussi qui soit : la formation d’un être humain.​

Les stéréotypes sources de différences entre femmes et hommes.

Quel est le constat qui peut être déduit de ces données ? Les différences entre femmes et hommes, et la place que l’on attribue de manière « naturelle » à chacun d’eux dans la société, ne sont pas innées mais sont engendrées par la société.

La société conduit les individus, dès leur plus jeune âge, à intérioriser des façons de penser et d’agir différentes en fonction de leur sexe au travers de la socialisation différenciée. Les jouets genrés, la distinction des couleurs, et même le sport poussent les enfants à adopter tel ou tel comportement, ou idée, et les poussent à s’orienter vers certains domaines plutôt que d’autres. C’est pourquoi les stéréotypes ancrés et véhiculés par notre société contribuent à perpétuer les inégalités existantes.

Les enfants ne choisissent pas d’être attiré par le rose ou le bleu, ni par la boxe ou la danse, ouencore par le ménage ou le bricolage, et pourtant les pressions exercées sur eux qui leur présentent ces distinctions comme « normales », les orientent dans leur choix, et dans le cas contraire peuvent être marginalisés ou « mal vus ».

Les stéréotypes poussent à laisser croire que les femmes sont faites pour les tâches ménagères et sont des êtres sensibles et doux. D’où l’inégale répartition des tâches domestiques entre femmes et hommes au sein du foyer. D’où aussi les différences en matière de professions et de domaines d’activité des femmes et des hommes.

Ainsi Simone de Beauvoir a écrit Le Deuxième Sexe en 1949, elle défend le fait que l’inégalité entre hommes et femmes est construite de manière historique et idéologique. Selon elle, les femmes doivent reprendre possession de leur destin,​ non en tant que femme​, mais en tant qu’homme comme les autres. Elle donnait alors une explication à ces différences dans les mentalités, disant, dans​le tome 1 de son oeuvre​: ​“​Une femme qui n’a pas peur des hommes leur fait peur, me disait un jeune homme.​” Ce qui montre que ces différences sont engendrées par les mentalités ancrées dans la société.

Désormais les choses commencent à changer, la société a pris conscience des stéréotypes auxquels elle est confrontée et tente de faire bouger les lignes. On essaie d’être plus neutre au niveau du choix des couleurs, de faire en sorte que les jouets soient moins genrés et d’ouvrir tous les domaines sportifs aux femmes comme aux hommes. Les écarts se réduisent même si c’est un processus lent et qui prendra certainement des années encore pour arriver à une parfaite égalité des genres et la déconstruction des stéréotypes.

Nos sources : 

http://www.huffingtonpost.fr/mariececile-naves/stereotypes-filles-garcons-inegalites_b_4687186.html                                                                                http://www.femininmasculin.org/du-bleu-pour-les-filles-et-du-rose-pour-les-garcons-et-alors/
http://www.slate.fr/story/131849/jouets-genre-enfants
https://www.francetvinfo.fr/societe/egalite-homme-femme-la-repartition-des-taches-domestiques-en-trois-graphes_902569.html
https://www.inegalites.fr/L-inegale-repartition-des-taches-domestiques-entre-les-femmes-et-les-hommes
http://www.maison-egalite-femmes-hommes.fr/ressources-livres.html

 

La place de la femme dans la société : l’actualité présente un sujet qui fait grand bruit

La place de la femme est en ce moment un sujet dont on entend beaucoup parler dans les médias. Nous allons donc aujourd’hui vous parler de la place de la femme dans la société au quotidien, à travers plusieurs axes d’étude : tout d’abord les femmes en politique, puis les violences faites aux femmes et notamment le harcèlement sexuel mis en lumière par des scandales récents qui n’épargnent aucun milieux.

La parité en politique : une réalité illusoire.

Il existe plusieurs lois concernant la parité en politique en France. Mais est-elle vraiment une réalité ? Si l’on s’appuie sur certains chiffres, on peut dire que dans certains domaines politiques notamment au niveau régional et départemental où en 2016, du fait des contraintes légales (loi de mai 2013), la parité est une réalité. Mais en effet derrière cela se cache de profondes inégalités toujours d’actualité. Les femmes sont en politique au niveau régional et départemental aussi nombreuses que les hommes mais elles n’occupent pas les mêmes postes !

Si l’on s’intéresse de près aux chiffres du rapport publié par le Haut Conseil à l’égalité il y a un an à peine, on peut se rendre compte que 90.1% des présidences départementales et 91% des présidences régionales sont occupées par des hommes .

Si la parité dans ces instances est une réalité, ce n’était pas le cas auparavant, preuve que si le progrès n’est pas parfait, il est tout de même présent. Une bonne nouvelle qui n’est malheureusement pas due à une prise de conscience collective mais à la loi. Selon le Haut Conseil « Sans contrainte législative, pas de parité ».

Une preuve supplémentaire : dans les conseils municipaux de 3 500 habitants et plus, la parité quantitative est atteinte grâce à la loi du 17 mai 2013, mais dans le cas des communes de moins de 1000 habitants qui représentent 74 % des communes françaises, c’est-à-dire celles qui ne sont concernées par aucune loi imposant la parité, les conseillers municipaux sont à 65% des hommes.

Et du coté des mairies, les visages féminins à la tête de ces instances ne sont pas plus nombreux. On compte trois femmes seulement à la tête des dix plus grandes villes de France. Le pourcentage concernant le nombre de maires masculins sur la France entière est encore plus écrasant : 84% des maires de France sont des hommes.

Un classement mondial a été établi afin de savoir quels pays comptaient la plus grande part de femmes à l’Assemblée Nationale. La France est 62ème avec 26,2% de femmes présentes dans cette instance loin derrière le Rwanda, premier du classement avec 63,8% de femmes.

Le paysage politique français n’est donc pas peuplé également par les hommes et les femmes qui n’accèdent pas aux plus hauts postes. Mais une autre différence est frappante, les domaines politiques occupés par les femmes et les hommes sont encore très stéréotypés… On confie aux femmes les affaires sociales et l’éducation, tandis que les hommes s’occupent de l’économie et de la finance (c’est la cas dans les ministères par exemple).

Une femme premier ministre ? La France en compte une : Édith Cresson, la première femme a voir été nommée à ce poste en 1991 et la seule depuis cette date. Le poste de Président de la République Française n’a quant à lui jamais été occupé par une femme, l’élection présidentielle de 2017 comptait deux femmes parmi les onze candidats.

Impossible d’évoquer les femmes en politique sans parler d’une des plus grandes figures féminines de la politique française qui s’est battue pour acquérir une légitimité auprès de ses homologues masculins : il s’agit bien sûr de Simone Veil. Dans son œuvre, Mes combats, Simone Veil évoque son parcours politique, celui d’une femme qui a su s’imposer parmi les hommes. L’ouvrage rassemble les grands discours écrits par cette femme qui de 1974 à 2008 a été ministre, première femme présidente du Parlement européen, jusqu’au Conseil constitutionnel. Ses discours portent sur l’Europe, les droits des femmes ou encore la mémoire de la Shoah.

La situation actuelle des femmes en politique est également décrite par Michèle Riot-Sarcey, dans son œuvre Histoire du féminisme dans lequel elle retrace les différents combats et les différentes victoires acquises par les femmes au cours de l’histoire, et surtout le plus difficile à ses yeux : la politique et l’exercice du pouvoir qui malgré l’obtention de la parité cache des inégalités comme nous avons pu le voir.

Récemment, il a été révélé que le monde politique est sexiste et misogyne, les femmes étant victimes de propos sexistes, elles subissent des moqueries, sont réduites à des objets sexuels, huées, dénigrées… Les ministres ou anciennes ministres Najat Vallaud-Belkacem, Cécile Duflot et Marisol Touraine ont toutes eu à faire à des propos sexistes, les comparant à des objets sexuels ; lors d’une prise de parole, l’ancienne députée écologiste Véronique Massonneau a eu à faire à un député imitant le caquètement d’une poule, et là ne sont que quelque exemples… Ces comportements existent depuis bien longtemps et sont toujours d’actualité mais ne sont désormais plus tolérés comme avant, selon Laure Bereni, chercheuse au CNRS :  «Les comportements sexistes n’ont pas véritablement disparu, mais ils sont devenus contestables publiquement ».

Les violences subies par les femmes.

Les violences sexistes dont les femmes sont les victimes n’existent pas uniquement dans le monde politique, mais sont présentes au quotidien et parfois banalisées. Les hommes sont eux-aussi victimes de violence, et ce cas ne doit pas être oublié, cependant les chiffres révèlent que les femmes sont beaucoup plus touchées par ce phénomène que les hommes. Les violences quotidiennes subies par les femmes sont surtout d’ordre sexuel.

Après les nombreuses plaintes accumulées contre Tarik Ramadan – spécialiste de l’islam et professeur à l’Université d’Oxford – puis celles à l’encontre de l’ancien président du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) Thierry Marchal-Beck ou encore l’affaire Harvey Weinstein à l’étranger ; la parole des femmes se libère et le débat concernant les violences sexuelles dont elles sont victimes au quotidien, longtemps passé sous silence, est rendu public. En effet ces affaires de femmes qui ont porté plainte contre des personnalités publiques et influentes ont libéré la parole des femmes, et ces affaires médiatiques ont révélé un problème bien plus large que violences sexuelles à grande échelle.

Une enquête publiée en fin d’année dernière par Odoxa-Dentsu révèle que 91% des personnes interrogées estiment que la question du harcèlement et des agressions sexuelles est un problème« important » aujourd’hui. Parmi les femmes interrogées, 36% disent avoir été victime d’agression sexuelle, 38% de harcèlement sexuel en dehors du lieu de travail et 17% de harcèlement sexuel au travail. Au total, 53% des femmes disent avoir été confrontées à l’un, ou plusieurs de ces trois cas de figure.

De cette volonté générale de ne plus se laisser faire sans rien dire est né le #balancetonporc, un hashtag qui s’est largement diffusé sur les réseaux sociaux en octobre 2017 pour dénoncer les agressions sexuelles et le harcèlement. Ce phénomène a débuté à la suite d’accusations portées contre le producteur américain Harvey Weinstein qui a été accusé par de nombreuses actrices ou personnalités de viol ou d’agression sexuelle. Ce hashtag a été créé dans le but d’encourager les femmes à partager sur Twitter leurs expériences et ainsi libérer leur parole.

Au quotidien, une femme ne peut pas se balader simplement dans une rue sans être interpellée par des hommes aux propos salaces, aux remarques gênantes, aux insultes ou aux sifflements incessants. Face à ce phénomène, le collectif Stop au Harcèlement de rue, créé à Paris en 2014 tente de faire passer le message par des tractes et des affiches aussi bien sur le terrain que sur internet. L’une de leurs actions consiste à coller des affiches dans les rues avec le slogan : « Me siffler n’est pas un compliment » afin de sensibiliser la population à ce phénomène .

De plus, un rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes datant de 2015 a mis en évidence le que 100 % des utilisatrices des transports en commun ont déjà été victimes de harcèlement. Les femmes lorsqu’elles sont seules dans la rue sont terrifiées, c’est ce que montre d’ailleurs un autre hashtag qui a été lancé #safedanslarue qui signifie « être en sécurité dans la rue » avec lequel les femmes partagent leurs conseils pour se sentir en sécurité dans la rue, elles montrent que malgré tout, il existe toujours un sentiment de peur qui les habite.

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Suites à cette prise de conscience et l’ensemble de ces actions, le gouvernement français souhaite pénaliser le harcèlement de rue par la loi, et serait actuellement en train de réfléchir à la façon de le faire. L’objectif est de permettre aux forces de l’ordre de verbaliser et de donner une amende aux harceleurs. Mais la première nécessité est tout d’abord de définir clairement la notion de « harcèlement de rue ».  Les types de violences qui existent sont nombreux et ne se limitent pas au harcèlement de rue. N’oublions pas qu’une femme meurt tous les trois jours en France après des violences conjugales.

Nos sources :

http://www.liberation.fr/france/2015/05/04/femmes-en-politique-un-match-contre-les-machos_1289649

https://www.gralon.net/articles/economie-et-finance/politique/article-politique-francaise—ou-sont-les-femmes–10269.htm

https://www.nouvelobs.com/les-internets/20140205.OBS5136/safedanslarue-oui-les-femmes-seules-ont-peur-dans-la-rue.html

Comment la place de la femme est-elle perçue chez les jeunes aujourd’hui ? Notre Sondage

Comme nous avons pu le constater précédemment , la place de la femme dans la société française a beaucoup évolué depuis 1945, autant dans les faits que dans les mentalités. C’est pourquoi nous avons voulu nous intéresser à la façon dont celle-ci est perçue par les jeunes aujourd’hui, afin de savoir quelle est la mentalité actuelle de la jeune génération prendra bientôt une place important dans la société.

Pour ce faire, nous avons préparé un questionnaire composé de douze questions s’intéressant à l’ensemble des sujets que nous avons traité dans nos articles, et nous allons vous faire part des statistiques que nous avons obtenus.

Egalité hommes/femmes ?

Tout d’abord, sur l’échantillon étudié, 95% sont tout à fait favorables à l’égalité des sexes, 5% y sont plutôt favorables. Les filles se sentent concernées à 100% par ce sujet, les garçons sont deux tiers à se sentir concernés, contre un tiers qui ne l’est pas.  Sur l’ensemble, 86% sont concernés par cette question.

Pour 70.5% des filles, l’égalité entre les hommes et les femmes est en bonne voie mais considèrent qu’il reste encore de nombreux progrès à faire. 25% d’entre elles pensent que cette égalité est assez loin d’être atteinte. Les garçons sont quant à eux 41.5% à considérer l’égalité femmes/hommes comme en bonne voie mais avec de nombreux progrès encore à accomplir. Ils sont également 25%, à considérer qu’elle est assez loin d’être atteinte, et un tiers considère qu’elle est bientôt atteinte. On peut donc constater qu’aucun ne pense que l’égalité hommes/femmes est une réalité aujourd’hui, et la majorité (les deux sexes confondus) pense qu’il reste de nombreux progrès à accomplir. Au niveau national, 71% considèrent qu’il y a encore beaucoup à faire en matière d’égalité hommes/femmes.

Se sentir concerné par l’égalité des sexes.

Nous avons aussi voulu savoir si les jeunes considèrent que les hommes ont un rôle à jouer dans le combat pour l’égalité des sexes. Pour la totalité, la réponse est oui, avec une légère nuance à apporter : pour 72.5%, les hommes ont tout à fait un rôle à jouer, et pour 27.5%, ils ont plutôt un rôle à jouer.

Nous leur avons ensuite demandé qui était pénalisé par les inégalités hommes/femmes. Sur l’ensemble, une large majorité, 65.5%, pense que ce sont les femmes uniquement, et 34.5% considèrent que ce sont à la fois les femmes et les hommes.  Dans le détail, 59% des filles et 75% des garçons pensent que ce sont les femmes qui sont pénalisées ;  41% des filles et 25% des garçons  considèrent que ce sont les deux sexes qui sont pénalisés.

Est-il plus difficile d’être une femme que d’être un homme en 2018 ? A cette question, 53%  des filles ont répondu « oui, un peu plus », 29.5% « oui, beaucoup plus », et 17.5% considèrent que « non, pas vraiment ». Les garçons sont quant à eux un tiers à penser que non, mais 66.6% considèrent qu’il est un peu plus, ou beaucoup plus difficile d’être une femme que d’être un homme en 2018.

La vision du monde du travail.

Nous leur avons également demandé s’ils pensaient que les hommes et les femmes étaient égaux dans le monde du travail. Pour 99% d’entre eux, la réponse est non. Nous leur avons demandé de nous donner des exemples qui illustrent leur choix. Les raisons qui ont été évoquées sont : l’écart salarial à poste équivalent, , le fait que certains postes soit vus comme « féminins » ou « masculins » et écartent donc l’autre sexe de ceux-ci, le harcèlement au travail, les discriminations dont sont victimes les femmes à l’embauche, manque de femmes dans certaines professions (policières, pdg…) et inversement…

L’écart salarial entre hommes et femmes est une question récurrente qui a été soulevée de nombreuses fois par les sondés. Nous leur avons donc demandé ce que représente pour eux l’égalité des salaires entre femmes et hommes. Pour la totalité d’entre eux, il s’agit d’une nécessité évidente, pour 59% des filles, c’est un enjeu prioritaire, pour 35% d’entre elles, il s’agit d’un sujet complexe, tout comme pour 58% des garçons.

Les stéréotypes et les faits.

Nous avons également évoqué la question des stéréotypes genrés véhiculés par la société. La totalité des filles et 90% des garçons considèrent que la société véhicule des stéréotypes entre les hommes et les femmes.

Nous leur avons demandé quels étaient pour eux les stéréotypes véhiculés par la société : pour eux, on renvoie une image des femmes plus faibles et moins intelligentes que les hommes, la socialisation différenciée a été évoquée, le fait que les garçons doivent aimer le bleu et les filles le rose, au niveau des sports, la boxe et le football pour les garçons, la danse pour les filles, pour eux l’image de la femme au foyer est également présente avec une femme faite pour le ménage, la cuisine, et la garde des enfants…

Certains stéréotypes au niveau des caractères ont été évoqués à plusieurs reprises comme le fait que les hommes sont présentés comme forts, virils et ne pleurent pas tandis que  les femmes sont sensibles, elles conduisent mal… Les femmes sont perçues par certains comme inférieures mentalement et physiquement. Enfin des stéréotypes concernant les filières ont été évoqués, en matière d’orientation  certaine filière seraient présentées comme d’avantage pour les garçons et d’autres d’avantage pour les filles et donc différentes en fonction des sexes.

La plupart des sondés pensent que les petits garçons sont orientés vers le bleu, et les petites filles vers le rose mais ils constatent également que les choses évoluent concernant ce sujet.

Les filles considèrent majoritairement qu’il n’y a pas assez de lutte contre les stéréotypes de sexe en France, les garçons sont sur cette question plus mitigés, la moitié d’entre eux sont du même avis que les filles, l’autre moitié ne partage pas cet avis.

Pour une très large majorité des personnes interrogées, la lutte contre les violences faites aux femmes n’est pas assez efficace en France. Cette même majorité s’accorde à dire que le harcèlement de rue est une réalité quotidienne pour les femmes en France.  Une très grande partie considère que les femmes ne sont pas autant présentes en politique que les hommes.

Publicité.

Enfin, nous avons abordé la question de la représentation de la femme dans les publicités et de la façon dont elle y est mise en scène. Beaucoup constatent que l’image de la femme renvoyée dans les pubs est dégradante, elle y est souvent considérée comme un objet sexuel et souvent dénudée. Elle sont représentées par des stéréotypes comme des ménagères, des femmes au foyer…

Pour eux, on y donne également l’image d’une femme « parfaite » à laquelle il faudrait ressembler et donne ainsi des complexes à certaines femmes qui ne ressemblent pas à ce « modèle de beauté ». La femme est présentée par son apparence et non pour ses qualités.

Ils soulignent également le fait que ces stéréotypes dans les publicités existent également pour les hommes qui sont aux-aussi parfois présentés comme des objets, et le fait que ces stéréotypes commencent à être combattus  et ne sont plus acceptés comme auparavant dans la société.

Bilan de la situation actuelle: Où en sommes nous aujourd’hui ?

Ces dernières semaines, nous vous avons proposé à travers notre blog, l’étude de la place de la femme dans la société française depuis 1945  et, par conséquent, nous vous proposons aujourd’hui de dresser un bilan de la situation actuelle en constatant les nombreux progrès déjà réalisés ainsi que les progrès qu’il reste encore à accomplir dans notre société.

Les différentes évolutions de la femme et des inégalités subies depuis 1945

La femme a longtemps été considérée comme inférieure à l’homme, nous avons pu le constater par exemple au milieu du XXème siècle où elle avait un rôle très défini : celui de femme au foyer. Elle dédiait son temps aux tâches ménagères, à la cuisine, s’occupait des enfants… pendant que l’homme apportait l’argent nécessaire à la vie de la famille en travaillant. A l’époque, cette image de la femme était inscrite dans les mœurs et était normale. Elle était d’ailleurs renforcée par la publicité.

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Mais après la seconde guerre mondiale, les femmes ont cependant commencer à travailler. Ce fut le début de la route vers l’indépendance et la libération sexuelle. Peu à peu, avec mai 68 notamment, de plus en plus de femmes réclament l’égalité ainsi que des droits fondamentaux comme la contraception. Parmi elles Simone de Beauvoir, à qui nous devons son livre Le Deuxième Sexe publié en 1949 duquel on retient des citations comme par exemple, la plus célèbre : « On ne naît pas femme on le devient ». Mais on peut également citer sa vision des choses concernant le combat que les femmes mènent : « Elle veut prendre sa revanche en jouant le jeu avec des armes masculines : elle parle au lieu d’écouter ».

L’image de la femme au foyer s’est alors estompée pour laisser place à l’image de l’objet sexuel. Encore une fois, cette image s’est faite ressentir au travers de la publicité et on peut aujourd’hui voir des mannequins nues pour une campagne de publicité sans rapport avec le corps d’une femme nue.

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Ces évolutions ont également été marquées par la façon de s’habiller des femmes ainsi que les diktats de l‘industrie de la mode. On a pu constater l’envie d’accéder à un corps jugé idéal par la société, ce qui a engendré de nombreux problèmes comme les troubles alimentaires, le manque de confiance en soi ou encore le body-shaming à l’encontre de certaines femmes ne correspondant pas au corps « idéal » (le body-shaming consiste à blâmer un être humain uniquement sur l’apparence de son corps au travers des réseaux sociaux). En savoir plus sur http://www.fourchette-et-bikini.fr/psycho/quest-ce-que-le-body-shaming-41260.html#gQ2ERoHj5Q0wY1fV.99

Concernant le travail, les femmes ont accédé à ce droit de travailler mais de nombreuses inégalités persistent. Il existe par exemple un écart salarial de 24% (en 2014) d’après l’Insee, certains métiers sont plus considérés pour les hommes, notamment les métiers physiques, d’autres pour les femmes car plus « délicats ». On peut également constater qu’à l’embauche, les directeurs d’entreprises embauchent moins de femmes à cause des congés maternité ou autres responsabilités familiales ce qui renvoie à l’image de la femme au foyer qui ne mêlait pas famille et travail.

Ces différence hommes/femmes ne s’arrêtent pas au monde du travail, elles font parties du quotidien. Dès la plus tendre enfance on peut assister à la socialisation différenciée avec le principe du rose et des poupées pour les filles et du bleu et des petites voitures pour les garçons. Ce sont des différences qui se transmettent à l’âge adulte et peuvent être en partie responsable des inégalités et de l’ancrage des différences dans les mentalités.

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La prise de conscience

Cependant, de plus en plus, la société prend conscience de ces stéréotypes et inégalités ainsi que des violences dont sont victimes les femmes. Des associations comme Chiennes De Garde sont engagés dans ce combat contre le sexisme. On a pu également voir l’apparition de nombreux hashtags sur Instagram comme #Balance ton porc. Ces hashtags ont donné un moyen aux femmes de raconter les agressions verbales ou physiques dont elles ont pu être victimes, de se faire entendre. Des projets de loi sont en cours comme celui qui permettrait de verbaliser les harceleurs de rue par exemple. La loi stipule d’ailleurs également que l’écart salarial n’a pas lieu d’être et mener lui aussi à une amende.

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Cette prise de conscience est un premier pas pour résoudre les problèmes encore présents que nous avons évoqués plus tôt. Malheureusement, les changements de mentalité ne s’opéreront pas du jour au lendemain et le futur propose une infinité de possibilités concernant l’avenir des femmes au sein de la société française. Il faudra encore attendre avant de pouvoir observer une femme qui occupe une place totalement égale à celle de l’homme. Une avancée essentielle a été accomplie depuis le milieu du XXème siècle car si les inégalités n’ont pas disparues et les comportement sexistes existent encore, Ils sont devenus contestable publiquement et ont permis cette prise de conscience générale qui commence à faire progressivement évoluer les choses de manière positive.

Beaucoup de progrès ont été accomplis pour plus d’égalité entre entre les deux sexes et notamment au niveau de la place occupée par la femme dans notre société. Mais si la loi reconnaît l’égalité entre femmes et hommes, la femme connaît aujourd’hui encore des difficultés dans tous les domaines, et sa place n’est pas toujours valorisante ou égale à celle de l’homme. Ces différences sont véhiculées par les stéréotypes genrés véhiculés par la société. La femme n’occupe par encore une place idéale mais la société progresse peu à peu en étant plus égalitaire et plus respectueuse envers les femmes même si les progrès à accomplir reste nombreux et demanderont du temps.